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Junior Lefevre: 6'Dan WKF, Senseî du Champions Club  

Mon chemin dans le monde du karaté est un chemin très difficile, et pleins d'embûches. Néanmoins, je suis très fier d’avoir atteint mon but. Le jour de mon 8'anniversaire, j'ai commencé la pratique des Arts Martiaux, chez Yanou. Chaque jour, je pratiquais un sport de combat différent: le Judo, l'Aikido, le Kendo, le Kung-fu, le King-Boxing, le Nunchaku, le Ninjutsu, le Kobudo et bien sûr aussi le karaté.

Le Shito Ryu, le Shotokan, le Shotokan SKI et le Shotokai sont les différents styles de karaté que j'ai pu expérimenter. "Essayer, puis choisir en connaissance de cause...". Telles étaient les sages paroles de mon père... En ce temps-là, sa volonté était aussi la loi. Après trois mois, j'ai opté (avec paps) pour un choix définitif: le Karaté Shotokan.

Au mois de février 1987, je me suis inscrit dans un club de karaté à Bruxelles, le CAMJ (Centre d'Arts Martiaux Jettois). J'étais très heureux. Ceci dit, le club était davantage orienté sur les combats. Personnellement, je préférais les katas. Le club était affilié à l' A.F.K. (Association Francophone de Karaté).

Quatre mois plus tard, en mai 1987, j'ai participé à mon premier championnat. le Championnat A.F.K. à Andrimont. Je termine deuxième et fou de joie.

Fin mai, au cours d'un stage organisé par la AFK, mon père a fait la connaissance de Michel Aerden. A cette époque Michel Aerden était président de l' AFK et de la Fédération Belge de Karaté, et entraîneur national. Mon père lui a demandé s'il était possible de prendre des cours privés "Kata" avec lui.

Michel Aerden a accepté. De ce fait, à partir de mai 1987, deux à trois fois par semaine, nous nous dirigions vers le sud du pays, en direction du Naha Charleroi, en vue d'aller y améliorer mes Katas.

Michel Aerden n'était pas un karatéka très axé vers les Katas. Au contraire, c'était un combattant pur et dur. Son plus grand mérite est d'avoir su mettre en avant mes qualités. J'avais une très bonne mémoire visuelle et une coordination de motricité hors pair. Par conséquent, je parvenais très rapidement à effectuer un kata à un très bon niveau peu de temps après l'avoir appris..

Je m’entraînais beaucoup et faisais aussi beaucoup des stages et .... je gagnais toutes les compétitions kata auxquelles je participais. En février 1988, je suis devenu Champion de Belgique en kata pour la première fois.

De 87 à 89, mon  plus beau tournoi, c'était le tournoi Européen à Monaco.

Merci, Michel. Sans ton aide, j'aurais probablement, comme beaucoup d'autres enfants arrêté le karaté.

En août 1989, lors d'un stage avec
Senseï Kase et Senseï Shirai à Royan (Fr.), mon père a rencontré Dirk Heene. Mon père a été impressionné par sa connaissance du karaté. C'est pourquoi il a demandé à Dirk s'il était possible qu'il me donne des cours privés en kata. Dirk a accepté et nous avons ainsi changé d'entraîneur et de fédération.

En septembre 1989, je me suis affilié à la VKA (Vlaamse Karaté Associatie). Désormais, nous roulions deux à trois fois par semaine vers le nord du pays, en direction du Limbourg, Hasselt - Diepenbeek.

J'avais beaucoup de chance. Mon père, de plus en plus initié au karaté, avait trouvé l'entraîneur idéal. Dirk ne voulait pas seulement améliorer mes katas de compétitions... Il voulait m'apprendre avant tout le Karaté en tant que tel. J'ai reçu énormément d'informations et je faisait de plus en plus de compétitions.

Dirk m'a appris tous les katas du style Shotokan. Il m'a enseigné les Heians et les Shintei kata en Ura et en Go (c’est-à-dire en arrière), et d'autres combinaisons de mouvements selon les mêmes procédés. Les Bunkais (application) et les katas-kumite n'ont bientôt plus eu de secret pour moi. Tout cela m'a été enseigné de façon très approfondie.

Dirk posa, en quelque sorte, les fondations pour mon karaté futur.

A 12 ans, j'ai obtenu le grade de 1er Dan par Senseï Kasë. J'étais fier comme un paon. De fait, j'avais reçu la note maximale pour le Kihon, le Kumite et le Kata.

Avec Dirk, j'ai connu des années fantastiques. J'ai fait beaucoup de stages, beaucoup d'entraînements, beaucoup de championnats. J'en garde, aujourd'hui encore, un souvenir inoubliable.

En fait, je crois que Paps et moi regrettons toujours un peu ce temps-là. Dirk a été un très grand Monsieur pour moi. Je lui en serai éternellement reconnaissant. Mon premier Senseï,... Merci ... Senseï,... bedankt Dirk.

Toutefois, tous
les contes de fées ont une fin. Dommage.

Désormais, mon ambition, et celle de mon père aussi, était de devenir champion d'Europe et du Monde. Par contre, l'ambition de Dirk était davantage de faire de moi un vrai karatéka.

En 1992, mon père a décidé qu'il fallait que je m'entraîne plus encore en vue de la compétition. Je voulais devenir champion d'Europe et Paps voulait mettre toutes les chances de mon côté. C'est ainsi qu'il a demandé conseil à Patrick Suard, l'entraîneur national kata en France. On a alors décidé d'aller à Paris une fois par semaine pour que je puisse m'y entraîner.

Durant cette période, je m'entraînais souvent seul avec mon père. Je pense qu'il avait alors acquis beaucoup d'expérience aux cours des années. Il était devenu un véritable perfectionniste du rythme et du timing. On essayait différents rythmes, on les enregistrait sur une bande vidéo, puis on décidait ensemble du rythme qui me conviendrait le mieux. On comparait aussi mes rythmes avec ceux de Marchini. On regardait si, en fonction de ma force et de ma technique, il était préférable d'effectuer le kata de telle ou telle manière.

On a mis beaucoup de temps à essayer les différents rythmes... On a appris et découvert énormément aussi. La coordination des différents mouvements et ce qu'on y dégageait était d'une importance primordiale. Il était également important de prendre en compte que le niveau de mon karaté à l'entraînement ne pouvait pas toujours être reproduit quand arrivaient les compétitions.

En 1992, j'ai gagné la Coupe de France"Kata" à Paris. J'y ai participé à trois reprises... et j'ai gagné les trois années consécutives! Pour nous, cette compétition permettait un peu de situer mon niveau par rapport aux concurrents français.

1993, je donne mon premier stage à Boulogne sur mer.

En septembre 1994, après un tournoi à Turnhout (que j'ai d'ailleurs gagné haut la main devant Dave Versmissen sur le score sans appel de 6-0), mon Paps m'a dit que, si je voulais devenir champion d'Europe, il était temps de suivre des entraînements spécifique en kumite.

A ce même tournoi de Turnhout, Paps a demandé à Marc Van Reybroeck s'il accepterait de m'entraîner en cours privés. Selon mon père, Marc était, à ce moment là, une bonne option, car il venait d'arrêter la compétition.

A Miskolc, en Hongrie, j'ai gagné la Coupe du Monde dans la catégorie des 15 ans (septembre 1994), sans même que mes adversaires aient pu me marquer un seul point.

J'avais 16 ans (et 5 jours), lorsque j'ai participé à la Coupe de Belgique. C'était la première fois que j'avais l'opportunité de combattre avec les seniors dans mon pays.

J'ai gagné.

En septembre 1995, je suis passé de la VKA à la FFK, l'aile francophone de la Fédération Belge de Karaté. Je suis également devenu membre de l'UFK et de la JKA.

A Bratislava (en 1995), et à Istanbul (en 1996), je suis devenu Champion d'Europe chez les Cadets, en Kumite et en Kata. En Afrique du Sud, à Johannesburg (en 1996), je suis devenu Champion du Monde chez les Cadets en Kumite -70kg.

Tout le monde m'a félicité... Sauf mon père qui disait que ce n'était pas si exceptionnel que ça de gagner, dans une catégorie de cadets, un championnat d'Europe ou du Monde... C'est chez les seniors que je devais prouver que j'étais le meilleur. Pour mon père, c'était la seule et unique catégorie qui comptait. Je suis donc rapidement redescendu sur terre. Retour à la case départ.

En mars 1996, à 17ans, je suis devenu Champion de Belgique chez les seniors, en open (ce qui veut dire que toutes les catégories de poids sont mélangées et que l'arbitrage se fait selon le système Ippon Shobu), en battant Marco Costa. Mon père était plus qu'heureux.

En 1996, au Championnat du Monde, à Sun-City, en 1/4 de finale, je suis venu à bout du Turc Allagas, Champion du Monde en 1990, après un très beau match (4-1). Finalement j'ai perdu en 1/2 finale contre le Slovaque, Gazou (5-6).

J'ai gagné ma petite finale pour la troisième place contre le Français Anselmo (6-4) et mon Paps était très heureux. J'avais à peine 18ans... et 3 jours.

A vrai dire, je pense que ce résultat était même au-delà de ses attentes. Et ce n’est pas peu dire!

En mai 1997, aux Championnats d'Europe seniors à Tenerife, j'ai perdu en demi-finale chez les -70kg; et j'ai également perdu en demi-finale dans la catégorie Open.

Dans la petite finale des -70kg, j'ai gagné contre le Néerlandais A.Boelbaai qui avait été Champion d'Europe en 1996. Dans la petite finale des Open, je suis venu à bout de l'Italien Benetello, Champion d'Europe et Champion du Monde. J'ai donc décroché deux troisièmes places. Deux médailles de bronze, donc! Un très bon résultat pour un petit jeune de 18ans.

Mais Paps n'était pas d'accord. A chaque fois, je perdais en demi-finale. Et cela, il ne pouvait pas l'accepter.

Selon paps, l'esprit du gagnant, l'esprit du combattant qui veut à tout prix surclasser les meilleurs seniors, n'y était pas... ou pas encore assez.

Être le meilleur est une sensation que Van Reybrouck n'a pas su me donner. Paps décide de changer d'entraineur et comme il était le chef.

A Tenerife, pendant le championnat d'Europe, mon père a fini par régler définitivement mon problème d'entraîneur: il a demandé à José Egea s'il serait d'accord de m'entraîner... Il n'y avait aucun problème.

C'était pour moi tout un changement.

Paps voulait que je m’entraîne une semaine par mois à Madrid. Pour le reste du temps, on verrait bien comment on pourrait remplir mon horaire d'entraînement. J'avais un petit dojo à la maison, mais cela me semblait tout de même pas si évident.

Quel changement radical! Il a fallu s'y adapter.

En juin 1997, je suis allé m'entraîner à Madrid pour la première fois.

C'était le meilleur choix que mon père ait pu faire. Le bon choix.

Egea m'a corrigé, m'a redonné confiance en moi. Il m'a surtout appris à m'entraîner plus intelligemment.

Il m'a appris que la compétition Kumite n'était pas un combat de coq, pas des combats de rue, mais bien une stratégie. Un jeu d'échec, un jeu de réaction.

Tout simplement un Jeu fabuleux.

Et ça, aujourd'hui encore, très peu le savent...

L'esprit du combattant, l'envie de gagner, et les sensations de "Je suis le meilleur et personne d'autre...". J’ai tout reçu.

José me donnait un programme que je devais essayer de suivre rigoureusement.

Je m’entraînais régulièrement (une semaine par mois) à Madrid et chaque fois José me donnait les forces nécessaires pour écarter tous mes problèmes.

En septembre 1997, retour à la VKA.

En février 1998, je suis devenu Champion d'Europe chez les Juniors à Athènes; et en mai 1998, je célébrais, à Belgrade, mon premier titre de champion d'Europe Seniors.

Cela m'a donné quand même une sensation grisante. De fait, je venais d'atteindre mon but au niveau des Seniors. Je n'étais plus un "broekventje" (gamin avec un grand pantalon), comme s'amusait encore à m'appeler mon père.

Après Belgrade, mon père était très fier de moi car j'avais atteins mon but (malgré les mauvaises circonstances dans lesquelles j'étais), et ça c'était et pour lui et pour moi, le plus important.

Quelques semaines après, j'ai gagné le prestigieux tournoi Super Eight à Zagreb, en rencontrant Wayne Otto en finale que j'ai battu 4-1.
En octobre 1998, aux Championnat du Monde de Rio de Janeiro, j'ai gagné une troisième place dans les -70kg, malgré la trahison de la FBK. Ma déception a été si grande, indescriptible. Trois mois plus tard, j'étais Croate...

Avec Croatia Zagreb, j'obtient une médaille au Championnat d'Europe des clubs à Zlin. La première pour un belge.

A Oviedo, février 1999, je prolonge mon titre de Champion d'Europe (juniors), c'était mon premier titre sous les couleurs du drapeau croate. Pour moi, le septième titre de champion d'Europe.

En mai 1999, en Grèce, je suis devenu double Champion d'Europe Seniors. J’étais fou de joie: deux titres en individuel. Jamais personne l'avait fait avant.

A 20 ans, j'avais déjà 3 titres de champion d'Europe (seniors) dans ma poche.

Mon père ne voulait pas que je m'entraîne pour les Championnats d'Europe 2000 à Istanbul. Il ne voulait pas que je gagne, il me disait qu'il était préférable de ne pas être le favori pour le championnat du Monde de Munich.

Il disait que cela devait être un test et que cela devrait permettre d'établir mon entraînement pour Munich. J’ai obtenu une troisième place à Istanbul, j’étais très déçu. J’étais si près de gagner un quatrième titre de champion d’Europe et je l’ai loupé bêtement.

Mon père disait que je n'avais pas à être déçu parce que je ne m'étais pas entraîné dans le but de gagner. "Les émotions sont toujours fonction du travail qu'on a fourni..." disait-il toujours.
Pour le championnat du Monde, je me suis entraîné comme il fallait. Rien qu’une chose était important: gagner.

Les dieux m’étaient
 
favorables et j’ai gagné. Les émotions et les sensations étaient à la hauteur du travail fourni… c’était plus que bien.

Il m'aura fallu 12 ans pour devenir Champion du Monde.

Qu'est-ce que ça sonne bien: "Lefevre Junior, Champion du Monde"

Dorénavant, je m’entraînais moins avec José; mais ses conseils me sont, toujours aussi précieux. J’ai trouvé, en José Egea, un ami et un Senseï

Merci Senseï, pour tout….. Merci amigo.

Merci Paps, tu as su tracer mon chemin, tu m’as protégée... Tu as fais bien plus que ta part. Sans toi …. Je ne serais pas devenu le Junior Lefevre que je suis.


Mes problèmes avec les fédérations belge



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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